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Статья

Benjamin Goriély (1898-1986), un médiateur privilégié de la littérature russe

Slavica Bruxellensia. 2014. No. 10.
Roland H., Cecovic S.

Benjamin Goriély, traducteur et publiciste, a joué un rôle important dans la médiation de la pensée russe en Belgique dans l’entre-deux-guerres, en particulier entre 1925 et 1930. Grâce à son séjour à Moscou pendant la révolution de 1917 et à Berlin par la suite, il devint un acteur important des rapports triangulaires Belgique-Allemagne-Russie. Sa collaboration avec le périodique étudiant L’Universitaire et les acteurs principaux du mouvement prolétarien belge comme Augustin Habaru, Pierre Hubermont, Charles Plisnier et Albert Ayguesparse lui permettent d’accéder au Drapeau Rouge, le quotidien communiste, ainsi qu’aux revues importantes (quoique éphémères) comme Prospections et Tentatives. Progressivement, Goriély devient un des pionniers de la littérature prolétarienne en Belgique autour d’un modèle soviétique. Le futurisme russe qui occupe une place privilégiée dans le travail de ce médiateur, il le considère comme un mouvement transitoire vers la littérature prolétarienne. À part ses travaux sur la littérature et la révolution russes, Goriély suivait attentivement la littérature allemande et inspira son épouse Hélène Temerson-Goriély, pour qu’elle consacre, à l’Université Libre de Bruxelles, une première thèse de doctorat qui porta sur Carl Sternheim, l’écrivain expressionniste allemand. Son interprétation précieuse du futurisme russe et des expressionnistes allemands exprime la nécessité d’une littérature entièrement nouvelle et révolutionnaire. Malgré son départ définitif à Paris en 1930, suite à la mauvaise fortune du mouvement prolétarien en Belgique, le travail de Goriély a largement contribué à un éclairage unique du phénomène de la « poésie révolutionnaire ».