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История и исторические источники в трактате Рауля Спифама "Dicaearchiae Henrici regis christianissimi progymnasmata"
Histoire et sources historiques dans le livre de Raoul Spifame "Dicaearchiae Henrici Regis Christianissimi Progymnasmata"
En 1556, l’avocat du Parlement de Paris Raul Spifame imprima illégalement un recueil de lois des arrêts rédigés au nom du roi Henri II. Ce livre contenant plus de 300 arrêts s’intitulait Dicaearchiae Henrici Regis Christianissimi Progymnasmata. Durant longtemps, l’ouvrage de Raoul Spifame fut consideré soit comme un fruit d’imagination maladive, comme un délire d’un mégaloman, soit comme un recueil de projets extrémement utiles (Spifame réussit à prédire de nombreuses réformes jusqu’à celles du chancelier Maupeou), soit comme des lois authentiques. D’après mon hypothèse, Spifam imita la logique des ordonnances royales, en proclamant explicitement (et même de façon exagérée) l’idéologie des réformes globales. La même idéologie fut implicitement présentée dans la logique des secrétaires royaux qui avaient préparé les lois de Henri II.
Dans l’œuvre de Raoul Spifame un arrêt sur six contient une référence aux précédents historiques. Le plus fréquent est le cas quand dans le préambule se trouvent Extraits des Chroniques de France, destinés à justifier la raison pour exposer le contenu des arrêts. Ces « extraits » représentent le période à partir du temps des Mérovingiens jusqu’au début du règne de Louis XII. Parfois il n’y a pas d’excursions historiques dans le préambule, mais elles peuvent se trouver dans le partie normative du arrêt.
Les préambules des édits authentiques de Henri II ne contient pas de références historiques. Contrairement les discours du procureur général ou du chancelier prononcés au cours de la registration des arrêts royaux au Parlement sont pleins des exemples historiques. Les avocats de cette époque ornaient souvent leurs discours par des exemples historiques parfois de façon démesurée. Spifamе resta fidèle au style des avocats parisiens. Mais cette circonstance n’est qu’une explication partielle de l’« historicisme » des arrêts de Dicaearchiae.
Spifame conçut l’élargissement des fonctions du Conseil privé, notamment la création d’une institution spéciale dépendante de celui-ci et divisée en 30 chambres. L’objectif commun de ces nouvelles insitutions fut de rechercher des anciens documents dans le Trésor des Chartes « pour la promotion et advancement de beaucup de droicz appartenantz a la Royale couronne de France qui demenrent en arriere par faulte de les ramenteuvoir ». A chacune des chambres fut attribueé une région spécifique pour les recherches – à partir des pays voisins jusqu’aux territoires iraniennes (chambre du Sophi et d’Asie la maieur). Spifame réglementa bien la procédure des recherches dans le Trésor des Chartes ainsi que la publication obligatoire de leurs résultats. Dans un arrêt ultérieur, il chargea les chambres de fonctions analogiques de trouver des preuves des anciens droits royaux dans les provinces de la France.
Les recherches de preuves historiques eurent non seulement le valeur politico-diplomatique. Le « roi » ordonna, qui sera faict un martirologue du cathalogue tous les princes, capitains, leurs lieutenans, et autres gens de guerre qui sont morts en expedition militaire, pour la tuition et defense de la couronne de France, depuis le temps de Roy Charlemaigne... à la fin d’exciter la noblesse à plus vaillanement entreprendre des faictz d’arme... comme s’estimans vrays martyres... Pour cette mission Spifame créa un office d’historiographe ordinaire des gestes vertueux, et faitz chevalereaux des bons et notables chevaliers. En outre il nomma un poète illustre pour l’aider. Les exploits furent décrits par ordre chronologique en latin et en français.
Est-ce que l’organisation des « services historiques» engagées dans la recherche de sources ne fut que le fruit de l’imagination de Spifame? Sous le regne d’Henri II le terme « historiographe royal » se transforma du titre honorifique à la désignation d’un office rémunéré au Trésor d’Epargne. A cette époque-là Jean du Thillet écrivit ses travaux sur l’histoire de la France, basés sur les documents d’archives, Etienne Pasquier commença à travailler sur ses Recherches de la France, en s’appuyant aussi sur les sources primaires.
Au siècle suivant, l’idée que l’histoire « se fait avec des documents » est confirmée principalement dans les écrits des membres des ordres monastiques. Mais le livre de Spifame nous montre une autre manière, plutôt «étatique», du développement des recherches historiques dont la mise en œuvre fut suspendue par les guerres de religion.